Romilly-sur-Seine
L'Eden et Belmondo : c'est pas du cinéma !
Jean-Paul Belmondo est arrivé à l'Eden sous les acclamations Le monstre sacré du cinéma français a tenu parole. Il est arrivé avec plus d'une heure de retard, hier soir, à l'Eden, acclamé par un millier de personnes
Belmondo, c'est une gueule. Un caractère. Genre pas du jus de tomate dans les veines. Plutôt du sang d'homme. Hier soir, Le Doulos, fatigué, mais l'½il toujours fugace, a souri comme un enfant en sortant de sa voiture. Quelques poignées de mains, franches et amicales, et le bonheur toujours intact de retrouver son public.
Il est bientôt 20h 15 à la montre de la vieille dame lorsque le Magnifique franchit le seuil du cinéma Eden. Vingt-cinq années plus tôt, au même endroit, ce sont Truffaut et Carné qui se serraient dans les bras après avoir coupé le ruban tricolore.
Pas de week-end à Zuydcoote pour Bébel, mais seulement quelques heures passées entre amis, à Romilly. Une virée à la campagne, pour oublier quelques instants les vicissitudes du temps qui passe. Sept ans après avoir été victime d'un grave acident vasculaire, Jean-Paul Belmondo n'a jamais vraiment baissé la garde.
« Ça va pas si mal », glisse t-il en souriant. La vieille dame paraît rassurée. Lunettes noires sur le nez, aidé par une canne, Belmonde a bien du mal à rejoindre l'Eden. C'est près d'un millier de personnes qui sont rassemblées rue Gambetta.
Dans la foule, des cris de joie, mais aussi des « On
t'aime Jean-Paul ! » La ménagère de moins de cinquante ans a du mal à se hisser au niveau du monstre sacré. Mais elle y arrive. « Il est toujours aussi beau, c'est incoyable », pleure une admiratrice en l'embrassant.
Il est plus de 21 h et l'émotion est toujours intacte au cinéma Eden. Très rapidement dirigé vers le hall d'exposition du cinéma, Jean-Paul Belmondo revoit avec émotion son père, sur des photos prises dans ses ateliers de sculpteur. « C'est gentil, votre exposition est magnifique », glisse le comédien à Éric Vuillemin. Le maire de Romilly boit du petit lait. La venue de l'artiste n'a pas été une mince affaire. Depuis des mois, des tractations sont en cours avec sa s½ur, Muriel. Son frère, Alain, s'est beaucoup investi, lui aussi, dans l'opération. « Vous avez bien fait de venir, rassure le maire. Ici, nous connaissons le talent qui était celui de votre père. Le futur centre culturel que nous allons construire portera son nom. »
Jean-Paul Belmondo est aux anges. « Je serai là pour la première pierre, et pour l'inauguration vous pouvez compter sur moi », chuchote l'acteur à l'oreille du maire. L'effet Belmondo a bien fonctionné à
Romilly !
Article paru le 26 Septembre 2009 dans l'Est Eclair